Comment penser l'anthropocène ?

Retour sur les bancs de l'université avec l'intervention de l'anthropologue Philippe Descola, dans le cadre du colloque «Comment penser l'Anthropocène ?» en novembre 2015.

Si l'anthropisation de l'environnement a façonné depuis longtemps et en continu les écosystèmes (modification de la composition floristique dans les portions de forêt habitées par les populations autochtones en Amazonie, agriculture affectant la nature des sols, etc...), nous sommes aujourd'hui face à une transformation d'un genre nouveau.
Globale, cumulative et en voie d'accéleration, elle aurait induit une nouvelle ère géologique : l'Anthropocène. La plupart des scientifiques s'accordent à la faire débuter dès 1800. Elle résulterait d'un nouveau rapport au monde qui aurait germé dans le terreau de la révolution industrielle, et plus précisement d'un nouveau rapport à l'énergie et à la nature.
La nature : une ressource infinie, exploitable à l'infini par le perfectionnement technique ? Voilà l'idéologie dominante dès le début du XIXème qui a eu un impact considérable sur le développement des sociétés humaines.

Face à l'urgence du changement climatique, P. Descola propose aujourd'hui de revoir notre rapport à la propriété, d'interroger nos fondements juridiques et politiques, et pourquoi pas de réfléchir au développement d'un nouveau droit de l'environnement. Une représentation juridique des écosystèmes ! "Les humains ne possèderaient plus la nature, ils seraient possédés par elle" !

 

Pour en savoir plus : conférence de Philippe Descola.